La première saison de Candy Candy reste l’une des séries les plus marquantes de la génération animée des années 70 et 80. Son adaptation télévisée a connu un immense succès, mais de nombreuses différences existent entre la version animée et le manga original de Kyoko Mizuki et Yumiko Igarashi.
Ces écarts narratifs,
visuels et émotionnels ont façonné l’expérience des spectateurs. Pour mieux
comprendre ces divergences, il est nécessaire d’examiner le déroulement de
l’histoire, la construction des personnages et les choix scénaristiques qui
distinguent les deux œuvres.
1.
Les origines de Candy et les premières différences fondamentales
Dès les
premières minutes de l’animé, les spectateurs découvrent Candy et Annie
trouvées le même jour par sœur Maria et mademoiselle Pony. Annie est découverte
en premier, accompagnée d’un mot indiquant son prénom. Candy est ensuite
trouvée au pied d’un arbre avec une poupée portant son nom. Le choix de lui
donner le nom de famille « Neige » vient de la météo du jour. L’animé établit
ainsi un lien symbolique entre les deux enfants, comme si elles étaient
destinées à vivre une histoire commune.
Dans le
manga, la scène est beaucoup plus sobre. Candy est trouvée seule, un jour de
printemps, devant la porte de l’orphelinat. Une simple lettre indique son
prénom et demande que l’on prenne soin d’elle. C’est sœur Maria qui décide de
l’appeler Candy White, en raison de la blancheur de sa peau. Les deux
orphelines ne sont pas liées par un événement commun. Cette différence explique
que l’animé mette davantage l’accent sur l’amitié fusionnelle de Candy et
Annie, ce que le manga développe de façon plus mesurée.
Le contraste
visuel entre les deux fillettes renforce encore cette divergence. Dans le
manga, Annie et Candy sont blondes toutes les deux. Dans l’animé, leurs
couleurs de cheveux diffèrent pour souligner leurs personnalités. Annie
apparaît douce, réservée et délicate, tandis que Candy adopte un tempérament
plus combatif et affirmé.
2.
Les relations à la maison de Pony et l’évolution des personnages secondaires
L’animé
amplifie fortement le rôle de certains personnages secondaires. Tom, par
exemple, n’apparaît que brièvement dans le manga, mais devient un acteur
récurrent dans la série animée. Il est présenté comme un garçon taquin, parfois
maladroit, mais profondément attaché à Candy. Il réapparaît à plusieurs moments
clés, notamment lorsqu’il lui offre un lasso pour qu’elle puisse se défendre
chez les Legrand. Cette relation plus développée donne à la série une dimension
amicale et chaleureuse qui adoucit les moments difficiles.
Un autre
personnage inventé pour l’animé est Capucin, petit animal mascotte destiné à
renforcer l’attrait commercial de la série. Comme dans de nombreuses
productions de l’époque, il sert de ressort humoristique et accompagne Candy
dans plusieurs épisodes. Cette présence inexistante dans le manga contribue à
rendre l’animé plus léger par moments, malgré la dureté de certains thèmes.
À l’inverse,
le manga s’intéresse davantage à la psychologie et à l’intériorité des
personnages. Les amitiés, rivalités et sentiments sont développés par le biais
de dialogues introspectifs. Cela donne une profondeur émotionnelle différente,
souvent plus crue, notamment dans les moments où Candy se retrouve seule face à
l’injustice qu’elle subit.
3. Les différences autour de
l’adoption, de la famille Legrand et des moments clés de l’intrigue
La famille Legrand représente l’un des écarts
les plus importants entre l’animé et le manga. Dans la version animée, Monsieur
Legrand apparaît bienveillant, parfois dépassé, mais conscient de la cruauté de
ses enfants. Lorsqu’il découvre que Candy est traitée comme une domestique, il
intervient immédiatement pour lui offrir quelques jours de repos à la maison de
Pony. Cette nuance apporte une forme d’humanité à son personnage.
Dans le
manga, la situation est beaucoup plus sévère. Monsieur Legrand considère Candy
comme une employée dès son arrivée. Il exige qu’elle mange avec les domestiques
et qu’elle s’occupe de sa fille, non par empathie, mais par utilité. Les
humiliations sont plus nombreuses et moins atténuées, ce qui donne au lecteur
un sentiment d’injustice plus lourd.
L’animé
introduit également Dorothée, jeune servante inexistante dans le manga, qui
devient un soutien moral important pour Candy. Leur amitié apporte une
dimension émouvante à la série, renforçant la solidarité féminine face aux
abus. Dans le manga, la servante attribuée plus tard à Candy chez les André se
nomme Doris, une femme plus âgée, avec un rôle plus discret.
Un autre événement majeur concerne la chute de Candy dans la cascade. Dans l’animé, elle est accusée à tort d’avoir volé des fleurs, fuit en pleurant et tombe accidentellement avant d’être sauvée par Albert. Dans le manga, l’incident est lié à une dispute autour d’Annie durant une réception.
Candy finit par
s’enfuir, blessée psychologiquement, et chute dans la cascade avant d’être
recueillie pendant plusieurs jours chez Albert. Le manga développe davantage
les raisons de son désespoir et la profondeur de ses relations, notamment avec
les garçons de la famille André.
4. L’évolution d’Albert, des
jeunes garçons et la dimension romantique
Dans l’animé, Anthony, Alister et Archibald
protègent souvent Candy, mais la dimension amoureuse est moins prononcée. La
série offre une vision plus familiale et moins sentimentale, probablement pour
s’adresser à un public plus jeune. Même lors de la fête de tante Elroy, la
danse entre Candy et Anthony domine largement, réduisant la compétition
amoureuse entre les garçons.
Inversement,
le manga donne une place beaucoup plus marquée aux sentiments des trois jeunes
hommes. Après un incident où Candy tombe dans une cascade, chacun d’eux
réfléchit à la nature de ses émotions. Un pacte est même conclu entre eux :
celui de se battre loyalement pour conquérir le cœur de Candy tout en
respectant son choix final. Ce passage, absent de l’animé, offre une lecture
plus intense et mature du récit.
Le rôle
d’Albert diffère également. Dans le manga, il prend d’emblée une place
essentielle, presque mystérieuse, veillant sur Candy de manière récurrente.
Dans l’animé, ses apparitions sont plus espacées pour éviter l’ambiguïté d’un
lien trop intime entre une enfant et un jeune homme vivant seul dans la forêt.
Les scénaristes ont délibérément atténué l’intensité de cette relation.
5. La mort d’Anthony et les
divergences entre les deux versions
La mort d’Anthony constitue l’un des moments les
plus emblématiques de la série. Dans l’animé japonais, cette scène reste
dramatique et fidèle au manga. Anthony perd la vie lors d’un accident de cheval
durant une chasse au renard. Cet événement marque profondément Candy et
transforme durablement l’atmosphère du récit.
Cependant,
pour le public français, la scène a été modifiée. Le doublage et une partie du
montage laissent entendre qu’Anthony n’est pas mort mais devenu handicapé.
Cette adaptation visait à protéger le jeune public d’une scène jugée trop
traumatisante. Le manga, lui, demeure très explicite. La perte d’Anthony
représente un point de rupture émotionnel majeur, montrant la brutalité de la
vie et la résilience de Candy. Après cette tragédie, elle retourne à la maison
de Pony pour se reconstruire, un passage traité avec davantage de sensibilité
dans le manga.
Dans l’animé,
certains moments liés à cette intrigue sont adoucis ou modifiés, notamment dans
la version française. L’accusation injuste de Tante Elroy, par exemple, est
atténuée, alors que dans le manga, elle rend véritablement Candy responsable de
la mort de son neveu, ajoutant une violence émotionnelle supplémentaire.
Conclusion
Les différences entre le manga Candy Candy et la première saison de son adaptation animée révèlent deux visions complémentaires d’une même histoire. L’animé adopte une approche plus douce, plus accessible et parfois plus humoristique, tandis que le manga propose une narration plus profonde, psychologique et souvent plus dure.
Ces variations permettent au public de
redécouvrir l’univers de Candy sous deux angles distincts, chacun enrichissant
l’œuvre originale. Les transformations apportées aux personnages, aux
événements et aux relations offrent une lecture plurielle de cette histoire
devenue culte, toujours appréciée pour sa sensibilité, son courage et ses
valeurs universelles.
Questions et réponses
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